Étant un facteur incontournable de la croissance économique, la bonne gouvernance si elle est bien pratiquée peut : développer et consolider la compétitivité de l’entreprise, faciliter l’accès au financement et aux systèmes de garantie offerts, attirer des ressources humaines efficientes[1].
Lorsqu’un État améliore certains aspects fondamentaux de son fonctionnement et assure l’ordre de l’état de droit, il attire davantage d’investissements nationaux et étrangers et réalise une plus forte croissance par habitant. Une telle situation conduit au développement du commerce, à l’accélération de la croissance économique et par conséquent à la création des conditions de l’insertion dans l’économie mondiale.
De fait, d’après l’Indice Ibrahim de la Gouvernance Africaine (IIAG) publié en octobre 2013 par la fondation Mo Ibrahim, le Togo se positionne à la 36ème place sur 52 possibles, avec un score de 46.4 soit une amélioration de +9.3 points par rapport à 2003. La performance de chaque pays africain est à cet effet évaluée dans quatre (4) catégories de performance notamment la sécurité et l’état de droit, la participation et droits de l’Homme, le développement économique et durable et le développement humain.
Le graphique 1 permet de faire les analyses suivantes par catégorie :
Sécurité et état de droit : Ce secteur a connu une contre-performance en 2005 surtout en raisons fondamentalement de la crise politique à l’époque, qui a mis en branle la souveraineté de l’état et de la sécurité individuelle, lesquelles sous-catégories ont enregistré respectivement 27.0 (-23.5 points par rapport à la moyenne de l’Afrique) et 32.5 (-18.0 par rapport à l’Afrique). Toutefois, ce secteur a connu une nette amélioration entre 2006 et 2010 grâce aux efforts entrepris par le gouvernement en matière du respect de l’état de droit et la redevabilité. En dépit des avancées notables connues par le Togo dans les sous-secteurs état de droit et sécurité nationale, lui permettant d’être au-dessus des scores moyens du continent entre 2010 et 2013, les résultats obtenus de manière générale durant la même période pour le compte de ce secteur sont mitigés. Ce qui s’explique par la corruption sur toutes ses formes.
Participation et droits de l’Homme : A ce niveau, le Togo a fait une prouesse remarquable entre 2003 et 2013. Ainsi, il a occupé en 2013 la 30ème place au niveau continental avec un score de 43.8 (+15 points par rapport à 2003). Cet exploit du Togo s’explique par les efforts consentis par le gouvernement dans le but d’assurer les élections libres et transparentes, de favoriser la liberté d’expression et les libertés individuelles et de promouvoir l’équité genre. Néanmoins, comparativement au Bénin (11ème place avec 65.6 points), des efforts restent à faire.
Développement économique et durable : Nonobstant l’écart observé entre les scores obtenus par le Togo dans ce secteur et la moyenne continentale qui stagne d’ailleurs autour de 46 points depuis 2010, il est constaté une évolution remarquable depuis 2008 grâce au développement du secteur agricole, à la politique des grands travaux et aux réformes entreprises dans divers secteurs.
Développement humain : Regroupant la protection sociale, l’enseignement et la santé, ce secteur demeure le seul dans lequel le Togo a connu une progression continue sur les dix dernières années. Bien qu’occupant le 31ième rang avec un score de 54.6 en 2013 soit +7.7 points sur une période de cinq ans, des efforts restent à faire surtout dans le domaine de la protection sociale, plus précisément relatifs à la politique de l’emploi, la prise en compte de l’environnement et aux services sociaux de santé et de l’éducation.
Somme toute, des efforts considérables restent à faire par le Togo dans tous ces différents secteurs, dans le but d’atteindre de meilleurs scores, surtout dans sa dynamique de pays émergent à l’Horizon 2030. Néanmoins, des encouragements sont à adresser à l’État togolais relativement aux différentes réformes engagées pour l’assainissement des finances publiques ; à l’amélioration du climat des affaires avec la facilité de création d’entreprises et l’opérationnalisation du guichet unique, renforcées par le nouveau code des investissements ; à la lutte contre la corruption ainsi qu’aux autres réformes institutionnelles.
