← Retour à tous les billets du blog

Pourquoi l'évaluation n'est pas une inspection : plaidoyer pour la bienveillance de la mesure

Trop d'acteurs publics craignent encore l'évaluation comme une sanction déguisée ou un audit punitif. Et si nous apprenions enfin à considérer l'écart mesuré comme le point de départ incontournable de tout progrès durable ?

1. La peur du gendarme administratif

Combien de fois ai-je vu des directeurs généraux ou des coordonnateurs de projets pâlir à l'annonce d'une mission d'évaluation ? Dans l'inconscient bureaucratique hérité de décennies d'administration formelle, évaluer est confondu avec contrôler, traquer la faute ou préparer des sanctions.

Le résultat de cette méprise est catastrophique : on maquille les indicateurs, on sélectionne les sites témoins les plus reluisants et on produit des rapports complaisants qui ne servent à personne.

« L'inspection cherche le coupable ; l'évaluation cherche la solution. Tant que nous n'aurons pas désamorcé cette angoisse, la culture du résultat restera un vœu pieux. »

2. Réhabiliter le droit à l'erreur éclairée

Innover dans les politiques publiques comporte une part incompressible d'incertitude. Si un dispositif de formation des jeunes ne produit pas les retombées escomptées en année 1, ce n'est pas un crime : c'est une donnée scientifique précieuse pour réajuster le tir avant de dépenser des milliards supplémentaires.

← Billet précédent Billet suivant : Diplômes en poche, avenir en suspens →